En promenade au musée des Beaux-Arts de Dijon…

La réouverture du musée de Dijon, il y a quelques mois, après dix années de rénovation, m’a donnée une envie de visite virtuelle, d’autant plus que, confinement oblige, l’occasion de s’y promener « en vrai » n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

Un peu d’histoire pour commencer…. En 1767, comme beaucoup d’autres villes françaises, Dijon se dote d’une école de dessin grâce à l’initiative du peintre et sculpteur François Devosge. Comme à l’Académie royale de peinture de Paris, les meilleurs élèves achèvent leur formation artistique à Rome, avec l’obligation, pendant leur séjour, d’envoyer leurs œuvres à l’école. Ce sera le noyau des futurs collections du musée.

François Rude, Portrait de François Devosge, 1836

En 1781, les Etats de Bourgogne décide d’ouvrir un musée et commande la construction d’une nouvelle aile pour l’abriter, qui viendra agrandir le palais des ducs de Bourgogne. En effet, le musée s’intègre dans l’ancien palais médiéval des ducs, devenu par la suite siège de l’assemblée des Etats de Bourgogne. Aussi la visite permet également de découvrir l’intérêt architectural de ces bâtiments historiques, qu’il s’agisse de la tour de Bar, des cuisines ou de la grande salle de l’hôtel ducal.

La tour de Bar, construite à partir de 1365 par Belin de Comblanchien, à la demande de Philippe le Hardi
Les cuisines du palais construites vers 1430 par Philippe le Bon
La façade nord du palais. Les grandes fenêtres du premier étage correspondent à la grande salle. A l’arrière, on voit la tour Philippe le Bon qui domine le palais de ses 46 mètres
La grande salle avec sa cheminée monumentale qui abrite aujourd’hui les tombeaux des ducs de Bourgogne

Le parcours s’ouvre au premier étage par une salle consacrée à l’art antique. Le musée en possède une vaste collection, notamment de nombreux objets de l’Egypte ancienne. La collection égyptienne aborde notamment avec richesse le thème des rites funéraires, à travers des statuettes de divinités, des stèles ou des statuettes représentant les défunts, ou encore à travers les sarcophages.

Statue de Merry, XVIIIe dynastie (1550-1290 environ avant JC)




Cette statue représente le défunt agenouillé avec les mains levées, dans un geste d’adoration. Il tient sur ses genoux une stèle avec le texte de sa prière pour que les dieux l’aident à faire le voyage vers le monde des morts. Elle devait être placée dans la chapelle de la tombe.

Sarcophage de Hor, Troisième période intermédiaire (1070-655 environ avant JC)

Le sarcophage a la forme d’une momie. Il est entièrement décoré de représentation et de textes extraits du Livre des Morts. Il est présenté avec, à droite, de nombreuses petites amulettes qui étaient insérées entre les bandelettes du corps momifié. A gauche, les petites statuettes sont des « oushebtis », des petits serviteurs qui sont censés travailler à la place du défunt dans l’Au-Delà. A ses pieds, sont déposés des vases canopes dans lesquels étaient déposées les viscères. Ils sont décorés des visages des quatre fils d’Horus (Amset à la tête humaine, Hâpi à la tête de babouin, Douamoutef à la tête de chacal et enfin, Kébehsénouf en faucon).

Le musée possède une exceptionnelle série de onze portraits funéraires égyptiens d’époque romaine. Connus sous le nom de « portraits du Fayoum », ils proviennent des fouilles de la ville antique d’Antinoupolis. Ces portraits peints à l’encaustique (qui utilise de la cire fondue pour délayer les couleurs) sur du bois de figuier ou sycomore, sont réalisés d’après nature, du vivant du personnage représenté. Ils étaient destinés à couvrir le visage du mort, posés sur le linceul ou enserrés dans les bandelettes de la momie. Ces tablettes peintes, très réalistes, constituent les plus anciens témoignages de l’art du portrait peint.

Portrait de jeune homme, Egypte romaine (30 av. JC- 395 ap. JC)
Portrait d’homme barbu et portrait de femme, Egypte romaine, peinture à l’encaustique sur bois



Le musée possède aussi une très belle collection de céramiques grecques, issues de la collection Campana. Toutes les formes et toutes les techniques de la céramique sont représentées sur une période allant du VIIIe au VIe siècle avant JC.

Hydrie, VIe siècle av. JC

Une hydrie est un vase utilisé pour recueillir et transporter de l’eau . C’est une céramique à figures noires sur fond rouge. Elle représente sur sa panse un épisode de la mythologie : La dispute du trépied entre Hercule et Apollon. Hercule (ici visible avec sa massue et vêtu de la peau de lion) voulant avoir son propre oracle, avait volé à Apollon le trépied utilisé à Delphes pour rendre les oracles. Il faudra l’intervention de Zeus pour les séparer et rendre le trépied à Apollon

Coupe à figure rouge sur fond noir, Après 530 av. JC

(A suivre…)

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